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Points clés à retenir
- Rôle stratégique : La formation est le pilier du développement des franchises, assurant la transmission du savoir-faire et la montée en compétences.
- Accompagnement clé : Se faire épauler par des experts et connaître les dispositifs (Qualiopi, OPCO) est essentiel pour réussir.
- Investissement durable : Le dirigeant doit s’impliquer personnellement dans la formation pour transmettre valeurs et culture.
La formation, pierre angulaire des réseaux de franchise
Le métier de franchiseur repose sur un principe simple : répliquer un savoir-faire pour conquérir des territoires qu’une entreprise seule ne pourrait couvrir. La France compte près de 2 000 réseaux de franchise, répartis dans des secteurs aussi divers que les services, la distribution, la restauration ou l’automobile. Un modèle dynamique, qui ne cesse de s’étendre.
Mais qu’est-ce qui lie réellement ces réseaux ? La formation. Un futur franchisé apporte un projet, un financement, parfois une reconversion complète, mais rarement le métier. Le franchiseur, lui, fournit la marque, la méthode, et surtout la capacité à transmettre. La formation n’est donc pas un simple poste de dépense : elle devient un levier de recrutement, de fidélisation et de croissance.
Le réseau Daniel Moquet, spécialisé dans l’aménagement paysager, illustre parfaitement cette dynamique. Avec 450 entreprises franchisées, il vient de franchir un cap symbolique en acquérant un hôtel-restaurant en Mayenne pour y installer son siège social, équipé de 7 salles de formation, d’hébergement et de restauration. Un investissement qui en dit long sur la place de la formation dans leur modèle.
Concrètement, la formation est l’infrastructure invisible qui maintient la cohérence d’un réseau. Elle permet d’uniformiser les pratiques, de garantir la qualité de service et de véhiculer les valeurs de l’enseigne. Ce n’est pas anodin : c’est le ciment qui relie des entrepreneurs indépendants autour d’une même vision.
Genèse d’un réseau et de son centre de formation
Pauline Moquet : « Daniel Moquet, c’est le nom de mon père, fondateur de l’entreprise. On a créé le réseau en 2004 pour développer une franchise de paysagistes, spécialisée dans l’aménagement des allées pour les particuliers.
Qui dit réseau de franchise, dit franchisés qui ne sont pas du tout du métier. Il faut donc les former. Notre métier de franchiseur, c’est vraiment de la formation, de la transmission du savoir-faire. On forme à tous les niveaux : les franchisés à devenir patrons, au métier technique de paysagiste, au commerce. On forme aussi les ouvriers, les commerciaux, les assistants. L’année dernière, on a accueilli plus de 1 000 personnes en formation.
Le centre de formation a été créé très tôt, dès la création du réseau, pour structurer l’offre et accéder aux aides disponibles. »
Ce témoignage souligne un point crucial : la formation est pensée dès la genèse du projet. Elle ne vient pas en complément, elle est constitutive. Ce choix stratégique permet non seulement de professionnaliser les équipes, mais aussi de bénéficier de financements publics comme ceux des OPCO ou de France Travail.
Maîtriser la réglementation et les financements
Abordons maintenant un aspect moins glamour, mais tout aussi crucial : la réglementation. Pour un réseau qui se lance dans la formation, se conformer à Qualiopi peut sembler lourd. Pourtant, comme l’explique Pauline Moquet « ça donne un cadre, un process. C’est un peu comme les normes ISO : ça paraît lourd, mais c’est souvent dans l’intérêt de s’assurer que les choses sont faites correctement. »
Concrètement, bien se faire accompagner par des spécialistes de la création de centres de formation permet de transformer ces obligations en avantages concurrentiels. Ce n’est pas une simple contrainte administrative, c’est un gage de sérieux vis-à-vis des financeurs et des futurs franchisés.
Le financement repose sur deux publics distincts : les salariés en poste (montée en compétences) et les demandeurs d’emploi (acquisition de compétences). Les échanges avec les OPCO et France Travail sont donc indispensables pour identifier les dispositifs adaptés.
Le dirigeant au cœur de la transmission
Si le pôle formation peut être délégué à une équipe dédiée, l’implication du dirigeant reste essentielle. Pauline Moquet intervient personnellement sur la formation des nouveaux franchisés et des commerciaux. Selon elle : « le dirigeant doit s’impliquer dans la transmission du savoir-faire, la culture et les valeurs de l’entreprise. C’est une responsabilité essentielle que l’on ne peut pas totalement déléguer. »
Cette présence physique du dirigeant dans les sessions de formation n’est pas symbolique. Elle crée un lien direct, renforce la confiance et ancre la culture d’entreprise. Allons plus loin : c’est un investissement en temps qui génère un retour sur investissement mesurable en termes de cohésion et de performance.
L’acquisition de l’hôtel-restaurant avec ses 7 salles de formation illustre cette vision : la formation n’est pas un simple service, c’est un lieu physique de vie, où se construisent les relations et se partagent les savoirs.
Mesurer l’impact de la formation sur la performance du réseau
Comment évaluer l’efficacité d’une politique de formation ? Pour Pauline Moquet, « l’impact est surtout qualitatif. Si les personnes du réseau sont bien formées, que chacun est compétent à son poste, nos clients sont satisfaits. »
Cet impact qualitatif se traduit par :
- L’attractivité du réseau : les candidats franchisés savent qu’ils seront accompagnés.
- La fidélisation des collaborateurs : ils voient des perspectives d’évolution.
- La croissance des ouvertures : chaque nouvelle entreprise génère en moyenne 4 recrutements et 2 apprentis.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : plus le réseau grandit, plus le centre de formation devient un maillon central. « Nous avons beaucoup d’exemples de jeunes qui sont arrivés comme apprentis, puis ont évolué vers des postes d’ouvriers, de commerciaux, de responsables d’agence et pour certains jusqu’à devenir franchisés », souligne Pauline Moquet.
Les enjeux futurs : faire de la formation continue un réflexe
L’ambition du réseau Daniel Moquet pour les prochaines années est claire : « que chaque personne qui travaille dans le réseau puisse suivre au moins une journée de formation par an ». Pourquoi ? Parce que « les métiers évoluent, les attentes aussi », et que chaque collaborateur doit pouvoir développer de nouvelles compétences.
Les thématiques de formation évoluent elles aussi : outils informatiques, intelligence artificielle, management, développement personnel. Ce n’est pas anodin : la technologie transforme les métiers, et la formation doit s’adapter pour rester pertinente.
Concrètement, les besoins sont identifiés lors d’entretiens individuels. Cette approche sur mesure garantit que chaque formation est utile et correspond à un réel besoin. C’est une stratégie gagnante pour l’entreprise, car la compétence devient un vrai levier de croissance.
Vers une vision de la formation comme infrastructure stratégique
Un réseau de franchise n’est pas qu’un ensemble de contrats, c’est une communauté de pratiques. Ce qui fait sa force, c’est la capacité à transmettre une manière de faire, un état d’esprit. Et cela ne se joue pas uniquement dans les manuels, mais dans les interactions humaines, au sein des salles de formation.
C’est pourquoi les dirigeants de réseau gardent souvent un pied dans leur centre de formation. Comme le résume Pauline Moquet : « c’est un vrai vecteur de transmission de nos valeurs. La formation n’est pas la cinquième roue du carrosse d’un réseau qui se développe, c’est l’endroit qui centralise ce que toutes ses enseignes ont en commun. »
Allons plus loin : et si la formation était la véritable infrastructure de développement des réseaux de franchise ? À l’heure où les métiers se transforment et où les talents sont rares, investir dans la formation n’est plus une option, mais une condition de survie et de croissance. Les réseaux qui l’ont compris auront une longueur d’avance.

Lucy Chen est ingénieure pédagogique et analyste des technologies de formation. Elle décrypte l’IA, le e-learning et les mutations du digital pour les professionnels qui veulent comprendre avant d’agir. Pas de tendances creuses — que du concret.
