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Points clés à retenir
- Autour de 1 089 € net par mois : c’est le montant estimé de l’ARE nette pour un salaire de référence de 1 500 € net mensuel en 2026, soit 1 144,41 € brut.
- La confusion brut/net coûte cher : 1 500 € brut donne une ARE nette d’environ 959,10 € par mois, soit près de 130 € de moins que 1 500 € net.
- Le calcul repose sur le SJR : France Travail reconstitue un salaire brut de référence, le divise par les jours calendaires, puis retient la formule la plus favorable entre 57 % du SJR et 40,4 % du SJR + 13,18 €.
- La durée du contrat pèse autant que le salaire : un CDD de 6 mois produit un SJR plus faible qu’un emploi continu de 24 mois au même salaire net.
- L’ARE est imposable : il faut déduire cotisations, CSG-CRDS et prélèvement à la source pour connaître le net réellement versé.
Combien touche-t-on au chômage avec un salaire de 1 500 € net ? La réponse en un coup d’œil
Avec un salaire net de 1 500 € par mois, l’allocation chômage (ARE) nette est estimée à environ 1 089 € par mois en 2026, soit 1 144 € brut. Attention : si vos 1 500 € étaient bruts, l’ARE nette tombe à environ 959 €. Le montant exact dépend du salaire journalier de référence et de la durée de votre contrat.
Concrètement, cette réponse tient en deux phrases, mais elle mérite qu’on s’y arrête. Parce qu’entre 900 et 1 200 €, tous les chiffres circulent sur le web, et le lecteur qui cherche le montant du chômage pour un salaire de 1 500 € net tombe souvent sur des fourchettes si larges qu’elles n’aident pas à construire un budget.
Le montant net estimé en 2026
Pour un salaire mensuel net de référence de 1 500 €, l’ARE journalière nette estimée s’élève à 36,29 €, ce qui correspond à 1 144,41 € brut et 1 088,63 € net par mois sur 30 jours. Ces repères proviennent des simulations publiées par Hellowork pour l’année 2026 et constituent une base solide pour anticiper votre budget.
À retenir : ces 1 089 € représentent une estimation, pas une promesse. France Travail fixera le montant définitif après examen de vos 24 derniers mois d’activité, primes incluses, jours non travaillés déduits.
Pourquoi les chiffres varient autant selon les sites
Trois familles de chiffres circulent. La première, la plus large, annonce 900 à 1 200 € : elle mélange allègrement brut et net. La deuxième, 950 à 1 050 €, raisonne sur un salaire brut de 1 500 €. La troisième, 1 050 à 1 140 €, se rapproche du vrai montant pour un salaire net de 1 500 €. Ce n’est pas anodin : selon la base de départ, l’écart entre deux réponses peut dépasser 200 € par mois.
| Salaire de référence | ARE journalière brute estimée | ARE mensuelle brute estimée | ARE mensuelle nette estimée |
|---|---|---|---|
| 1 400 € net | ~34,50 € | ~1 080 € | ~1 027 € |
| 1 500 € net (brut de référence ~1 950 €) | 38,15 € | 1 144,41 € | 1 088,63 € |
| 1 500 € brut | ~33,00 € | ~991 € | 959,10 € |
| 1 600 € brut | ~35,20 € | ~1 057 € | ~1 023 € |
Avertissement : trois chiffres circulent sur le web — 900-1 200 €, 950-1 050 €, 1 050-1 140 €. Ils divergent parce qu’ils ne parlent pas de la même base. Retenez celui qui correspond à votre cas : salaire net de 1 500 € → environ 1 089 € net d’ARE. Salaire brut de 1 500 € → environ 959 € net.
Maintenant que le montant de référence est posé, il faut lever l’ambiguïté qui fausse 8 calculs sur 10 : celle entre le net et le brut.

Salaire net, salaire brut : la confusion qui fausse tous vos calculs
Voici la règle qui change tout : France Travail ne regarde jamais votre salaire net. L’Assurance chômage raisonne exclusivement sur un salaire brut reconstitué, appelé salaire de référence. Votre fiche de paie affiche un net à payer ; votre allocation, elle, se calcule sur ce que vous auriez coûté à votre employeur en salaire brut imposable.
Résultat : un lecteur qui confond les deux se trompe de plusieurs centaines d’euros. Pour convertir 1 500 € net en brut, il faut ajouter les cotisations sociales salariales, soit environ 22 à 25 % du brut pour un non-cadre du secteur privé. Comptez donc 1 900 à 2 000 € brut pour 1 500 € net. Certaines sources évoquent 1 923 € brut comme point d’ancrage réaliste pour ce profil.
Pourquoi ce détail est capital ? Parce que sur le calcul du chômage, le salaire net n’existe pas comme notion d’entrée. Le SJR est obtenu à partir du brut. Si vous partez du net, vous sous-estimez votre allocation d’environ 12 %. Ce n’est pas anodin quand on doit tenir un budget pendant plusieurs mois.
Ce qui entre dans le salaire de référence
Le salaire brut de référence ne se limite pas au fixe mensuel. Il englobe tout ce qui est considéré comme rémunération du travail. Selon Mes Allocs et Hellowork, on y retrouve :
- Le salaire de base et les éventuelles majorations
- Les primes liées à l’activité : ancienneté, assiduité, panier, astreinte
- Les heures supplémentaires, dans la limite de 208 heures par mois
- Le treizième mois et les bonus contractuels
- Les avantages en nature déclarés en brut
Ce qui est exclu du calcul de l’ARE
À l’inverse, certains montants ne comptent jamais dans l’assiette. En voici la liste — et vous verrez qu’elle contient l’indemnité que tout le monde veut compter :
- L’indemnité de fin de contrat (prime de précarité) : exclue
- L’indemnité de rupture conventionnelle : exclue du SJR, sauf pour la part qui excède le minimum légal
- La prime de participation et d’intéressement : exclue
- Les notes de frais et remboursements professionnels : exclus
- L’indemnité de non-concurrence et de clientèle : exclues
Autrement dit, la prime de précarité — que beaucoup imaginent intégrée au calcul — n’entre pas dans l’assiette du SJR. Elle est bien versée au salarié à la fin du CDD, mais elle ne gonfle pas l’allocation chômage. Voilà une réponse utile à la question « la prime de précarité compte-t-elle pour mon chômage ? » : non.
Définition — Salaire brut mensuel moyen de référence : c’est la moyenne des rémunérations brutes perçues sur la période de référence (24 mois pour la plupart des situations). Elle regroupe les salaires soumis à cotisations chômage, hors indemnités de rupture et éléments non salariaux. C’est ce montant reconstitué, et non le net de votre fiche de paie, qui alimente le calcul du SJR.
Comprendre cette distinction ne suffit pas : encore faut-il savoir comment France Travail passe du brut au montant journalier. C’est là que se joue le vrai calcul.
Comment France Travail calcule votre allocation : SJR, 57 %, 40,4 % + 13,18 €
Le salaire journalier de référence, ou SJR, est le mètre-étalon de tout le dispositif. Vous pouvez le comprendre comme « le salaire brut quotidien moyen reconstitué » de votre passé professionnel. Une fois ce SJR connu, deux formules s’appliquent, et France Travail retient toujours la plus favorable. Voici comment.
Étape 1 : reconstituer le salaire de référence
On additionne l’ensemble des salaires bruts soumis à cotisations chômage sur la période de référence. Pour un salarié qui perd son emploi en 2026, cette période couvre en principe les 24 derniers mois précédant la fin de contrat, soit 730 jours calendaires. Les règles diffèrent légèrement pour les fins de CDD de courte durée, mais le principe reste le même : on additionne le brut, pas le net.
Étape 2 : calculer le SJR
La formule officielle est :
SJR = Total des salaires bruts sur la période de référence ÷ nombre de jours calendaires de cette période
Si un salarié a perçu 24 mois de salaires bruts cumulés, la division se fait sur 730 jours. Les jours non travaillés (les week-ends, les périodes de congés sans solde, les pauses entre deux contrats) font partie du dénominateur. Ce détail pèse lourd, comme nous le verrons dans les cas pratiques.
Étape 3 : appliquer les deux formules et retenir la plus élevée
C’est ici que le calcul s’affine. Deux formules concurrentes existent :
- 57 % du SJR — la formule « proportionnelle »
- 40,4 % du SJR, augmentés de 13,18 € — la formule dite « majorée », qui garantit un minimum décent aux bas SJR
France Travail calcule les deux et retient la plus avantageuse pour vous. Pour un SJR de 38,15 €, la première donne 21,74 € et la seconde donne 28,60 €. La seconde est donc retenue. Mais il reste une ultime étape : la comparaison avec le plancher et le plafond, puis la conversion nette.
| Étape | Formule appliquée | Résultat pour un SJR de 38,15 € | Décision |
|---|---|---|---|
| 1. Total salaires bruts 24 mois | Addition brute | ~46 900 € | Base conservée |
| 2. Calcul du SJR | 46 900 ÷ 730 | ~64,25 € | Mais après retraitement jours non travaillés |
| 3a. Première formule | 57 % × SJR | ~21,74 € | Non retenue |
| 3b. Deuxième formule | 40,4 % × SJR + 13,18 € | ~28,60 € | Retenue |
| 4. Plafonnement | 70 % × SJR | ~26,71 € | Applique le plafond |
| 5. Conversion nette | Brut − CSG/CRDS | 36,29 € net/jour (exemple Hellowork sur SJR 38,15 €) | ARE journalière nette |
Le chiffre de référence publié par Hellowork pour un salarié à 1 500 € net donne un SJR de 38,15 € après retraitement. L’ARE journalière nette de 36,29 € conduit aux 1 144,41 € brut et 1 088,63 € net mensuels.
Le plafond de 70 % du SJR
Cette règle limite mécaniquement les hauts revenus. L’allocation journalière brute ne peut jamais excéder 70 % du SJR. Selon La finance pour tous, pour un SJR de 68,40 €, le plafond s’établit à 47,88 € par jour. Autrement dit, un salarié très bien payé ne touchera jamais une allocation proportionnelle à son niveau de vie antérieur.
Deuxième garde-fou, souvent ignoré : les jours non travaillés retenus dans la période de référence ne peuvent pas dépasser 70 % des jours travaillés, et un coefficient de 0,75 leur est appliqué. Cette mécanique empêche qu’une carrière ultra-fractionnée fasse plonger le SJR sous le plancher.
Conseil : vérifiez votre relevé de carrière France Travail avant de valider votre SJR. Une erreur de jours non travaillés se paie sur toute la durée d’indemnisation, car le SJR est figé au moment de l’ouverture des droits. Un contrôle d’une minute peut peser plusieurs centaines d’euros sur l’année.
Maintenant que la mécanique est claire, voyons ce qu’elle produit concrètement selon la durée de vos contrats passés.
Trois exemples chiffrés : 1 500 € net après 6 mois, 12 mois ou 24 mois de contrat
À salaire mensuel identique, la durée d’emploi change le montant final de l’allocation. C’est le point que les simulateurs amateurs oublient de signaler. À chaque fois qu’un mois travaillé entre dans la période de référence, il dilue les jours non travaillés et fait grimper mécaniquement le SJR.
Cas n°1 : CDD court de 6 mois
Un salarié enchaîne un CDD de 6 mois à 1 500 € net, soit environ 1 950 € brut mensuels. Sur les derniers 24 mois, il n’a donc travaillé que 6 mois, soit environ 1 950 × 6 = 11 700 € brut. Les 18 mois restants comptent comme jours non travaillés. Mais la règle du plafonnement des jours non travaillés (maximum 70 % des jours travaillés) joue ici un rôle protecteur : sans elle, le SJR s’effondrerait.
Si on prend 180 jours travaillés × 0,75 = 135 jours non travaillés retenus (selon Hellowork, le coefficient de 0,75 s’applique aux jours non travaillés). Le total des jours retenus approche 315, et le SJR brut ressort aux alentours de 37 € par jour. L’allocation nette mensuelle avoisine alors 1 060 à 1 080 €.
Cas n°2 : une année complète à temps plein
Douze mois continus à 1 500 € net, soit 23 400 € brut cumulés. La période de référence de 730 jours contient 365 jours travaillés et 365 jours non travaillés, mais ces derniers sont plafonnés à 70 % des 365 jours travaillés, soit 255. Le total des jours retenus tourne ainsi autour de 620, ce qui donne un SJR proche de 37,75 €. L’ARE nette mensuelle s’établit dans une fourchette de 1 050 à 1 090 €.
Cas n°3 : deux années consécutives au même salaire
24 mois de salaire à 1 500 € net, soit 46 800 € brut sur la période de référence. Les jours non travaillés correspondent aux seuls week-ends et congés, et le SJR se stabilise autour de 38,15 €. C’est la configuration qui produit l’ARE la plus élevée : nous retrouvons alors les 1 144,41 € brut et 1 088,63 € net mensuels.
| Situation | Salaire net mensuel | Durée de contrat | SJR estimé | ARE mensuelle nette estimée |
|---|---|---|---|---|
| CDD 6 mois | 1 500 € net | 6 mois / 24 mois | ~37,00 € | ~1 060 à 1 080 € |
| CDI/CDD 12 mois | 1 500 € net | 12 mois | ~37,75 € | ~1 050 à 1 090 € |
| 24 mois continus | 1 500 € net | 24 mois | 38,15 € | 1 088,63 € |
Cas pratique : Sarah, assistante administrative, enchaîne deux CDD de six mois à 1 500 € net chez deux employeurs différents, avec trois semaines de battement entre les deux contrats. À l’ouverture de ses droits, France Travail retient la période de référence de 24 mois, mais les 21 jours non travaillés entre les contrats sont comptés. Son SJR ressort à 36,80 € au lieu des 38,15 € qu’elle espérait. Sur 12 mois d’indemnisation, ce détail représente près de 490 € d’allocation en moins. Sarah l’a découvert seulement en comparant sa notification à sa propre simulation.
Le montant est désormais cerné. Reste à savoir pendant combien de temps il sera versé — et c’est une tout autre mécanique.
Durée d’indemnisation : combien de temps touchez-vous cette allocation ?
La durée d’indemnisation chômage n’est pas une valeur fixe. Elle dépend du nombre de jours travaillés sur la période de référence, dans la limite d’un plafond réglementaire. Le principe : plus vous avez travaillé, plus longtemps vous êtes indemnisé. Le nombre de jours indemnisables est calculé à partir des jours travaillés et des jours non travaillés (retenus avec le coefficient de 0,75), avec application d’un plafond égal à la durée de la période de référence elle-même.
Pour un salarié qui a travaillé 24 mois à temps plein, la durée d’indemnisation se rapproche du maximum légal, soit 24 mois (ou jusqu’à l’âge de la retraite à taux plein sous conditions). Pour un CDD de 6 mois, la durée sera proportionnellement plus courte, autour de 6 à 9 mois, avec application de la même logique de calcul.
Comment se calcule la durée d’indemnisation
La formule officielle est la suivante : durée d’indemnisation = nombre de jours travaillés + jours non travaillés retenus (plafonnés, coefficient 0,75). Le résultat ne peut jamais dépasser la durée de la période de référence (24 mois) ni 730 jours calendaires.
Le rechargement des droits après une reprise d’emploi
Si vous retrouvez un emploi avant l’épuisement de vos droits, vous pouvez recharger votre allocation. Il faut pour cela avoir travaillé au minimum 6 mois (soit 910 heures) depuis votre ouverture de droits. À l’issue de ce nouveau contrat, les droits restants sont recalculés sur la base du nouveau SJR, en tenant compte des allocations déjà perçues et non épuisées.
Ce dispositif est souvent mal compris. Il ne s’agit pas d’une simple addition, mais d’une nouvelle computation intégrant l’ancien reliquat. Un salarié qui a consommé 60 % de ses droits puis retravaille 8 mois peut voir sa durée totale d’indemnisation augmenter sensiblement — sans jamais la cumuler deux fois.
Définition — Jours travaillés, jours indemnisables, jours calendaires : les jours travaillés correspondent aux jours d’emploi effectifs. Les jours indemnisables sont ceux pendant lesquels vous percevez l’allocation, calculés à partir des premiers. Les jours calendaires sont tous les jours civils de la période de référence, y compris week-ends et jours fériés. Ne confondez jamais les trois : une erreur d’un jour à l’ouverture se répercute sur plusieurs mois.
La durée dépend donc étroitement du salaire de référence. Reste à savoir si ce dernier dispose de bornes réglementaires — c’est l’objet de la section suivante.
Plancher, plafond et dégressivité 2026 : les garde-fous de l’ARE
L’ARE n’est ni libre ni illimitée. Elle est encadrée par trois garde-fous réglementaires qui dessinent les bornes du système : un plancher qui protège les petites allocations, un plafond qui limite les plus hautes, et un mécanisme de dégressivité pour les revenus les plus élevés. Voici les valeurs 2026.
Le plancher journalier de l’ARE
Depuis le 1er juillet 2025, le montant minimum de l’allocation journalière est fixé à 32,13 € par jour (source : La finance pour tous). Certaines sources évoquent également un plancher réglementaire de 31,97 € en 2026 pour les situations particulières, notamment après activité partielle (Wizbii Money). Concrètement, si vos calculs conduisent à une allocation inférieure, France Travail relève automatiquement le montant au plancher.
Pour un profil à 1 500 € net, ce plancher ne sera pas atteint, mais il joue un rôle protecteur majeur pour deux catégories : les temps partiels subis et les carrières très fractionnées. Sans lui, un SJR très bas produirait une allocation résiduelle dérisoire.
Le plafond et la dégressivité
À l’autre bout de l’échelle, l’allocation journalière ne peut pas dépasser 294,21 € brut par jour (source : La finance pour tous, applicables en 2025-2026). Pour y parvenir, il faudrait un salaire antérieur très élevé, largement au-dessus des profils à 1 500 € net. Ce plafond ne concerne en pratique que les cadres supérieurs et les dirigeants salariés.
À cela s’ajoute la dégressivité : au-delà d’un seuil d’allocation mensuelle brute (environ 4 500 € pour un profil standard), l’ARE est réduite de 30 % après le sixième mois d’indemnisation. Là encore, ce dispositif est sans effet sur notre cas de référence, mais il explique pourquoi certaines annonces d’allocation très haut de gamme sont largement théoriques.
| Paramètre | Montant 2026 | Qui est concerné |
|---|---|---|
| Plancher journalier de l’ARE | 32,13 € / jour (depuis 01/07/2025) | Temps partiels, carrières courtes, SJR faibles |
| Plafond journalier brut | 294,21 € / jour | Hauts salaires (au-delà de ~7 000 € net mensuel) |
| Plafond d’allocation | 70 % du SJR | Tous les allocataires |
| Dégressivité | −30 % après le 6e mois | Allocations mensuelles brutes > ~4 500 € |
Ces bornes posées, il reste à répondre à la question que tout allocataire se pose à réception de sa notification : combien me reste-t-il vraiment, une fois les impôts et cotisations déduits ?
ARE nette, impôts et pouvoir d’achat : ce qui reste vraiment sur votre compte
Passons du calcul administratif au budget réel. La question n’est pas « combien France Travail m’alloue », mais « combien j’ai effectivement sur mon compte chaque mois ». La différence tient à trois prélèvements successifs.
Du brut au net : cotisations et prélèvement à la source
Sur l’ARE brute s’appliquent d’abord une contribution sociale généralisée (CSG) au taux de 6,2 %, avec un abattement de 1,75 % pour frais professionnels, puis une contribution au remboursement de la dette sociale (CRDS) de 0,5 %. C’est cette mécanique qui transforme 1 144,41 € brut en 1 088,63 € net.
S’ajoute ensuite le prélèvement à la source, selon le taux personnalisé déclaré à France Travail. Un allocataire dont le taux est de 5 % verra encore 54 € ponctionnés sur son allocation. Le net sur le compte bancaire peut ainsi tomber sous les 1 035 €.
| Ligne de calcul | Montant | Commentaire |
|---|---|---|
| ARE brute mensuelle | 1 144,41 € | Base avant prélèvements |
| Cotisations CSG-CRDS | −55,78 € | CSG 6,2 % avec abattement 1,75 % + CRDS 0,5 % |
| ARE nette | 1 088,63 € | Montant avant prélèvement à la source |
| Prélèvement à la source (5 %) | −54,43 € | Selon taux personnalisé |
| Net versé sur le compte | ~1 034,20 € | Montant final |
L’ARE est-elle imposable ?
Oui. L’allocation chômage est imposable à l’impôt sur le revenu. Elle est même soumise au prélèvement à la source, comme un salaire. C’est un point que beaucoup d’allocataires découvrent trop tard : si leur taux n’est pas actualisé à la baisse au moment de la perte d’emploi, le prélèvement peut rester calé sur leur ancien niveau de revenu. Ce n’est pas anodin, car cela réduit d’autant le net perçu en attendant l’ajustement fiscal.
Autrement dit, la question « le chômage est-il imposable avec 1 500 € de salaire antérieur ? » trouve une réponse simple : oui, comme tout revenu de remplacement. Aucune exonération spécifique ne s’applique à l’ARE, contrairement à certaines prestations sociales.
Cumul salaire et allocation en cas de reprise d’emploi
Si vous retrouvez une activité à temps partiel ou une mission courte pendant votre indemnisation, vous pouvez cumuler partiellement ARE et salaire. La règle de calcul : 70 % du salaire brut mensuel est déduit de l’allocation, et le solde reste versé. Concrètement, pour un nouveau salaire de 500 € brut et une ARE de 1 144 € brut, la déduction serait de 350 €, laissant 794 € d’allocation — un cumul de 1 294 € brut avant impôt.
Ce cumul est révisable chaque mois et dépend de votre actualisation France Travail. L’oublier expose à un trop-perçu à rembourser.
Conseil : vérifiez chaque mois votre attestation France Travail et signalez toute activité reprise, même brève. Un trop-perçu mis en évidence après plusieurs mois peut donner lieu à une demande de remboursement immédiate, prélevée sur les allocations suivantes.
Un dernier angle mérite qu’on s’y attarde : comment vérifier soi-même son montant et réagir en cas d’erreur.

Erreurs fréquentes, simulation et recours : vérifier son montant auprès de France Travail
Sur le calcul de l’allocation chômage, cinq erreurs reviennent plus que toutes les autres. Les connaître, c’est éviter plusieurs centaines d’euros de pertes sur l’année.
Les cinq erreurs qui coûtent cher
- Confondre 1 500 € brut et 1 500 € net : l’écart atteint près de 130 € par mois sur l’ARE.
- Oublier des primes dans le salaire de référence : ancienneté, panier, 13e mois, heures supplémentaires dans la limite de 208 heures par mois.
- Ne pas déclarer une période d’activité pendant l’indemnisation : risque de trop-perçu et de suspension.
- Mal renseigner son taux de prélèvement à la source : trop élevé, le net devient insuffisant ; trop bas, la régularisation fiscale tombe plus tard.
- Ignorer la date de point de départ : un décalage entre fin de contrat et ouverture des droits décale toute la période d’indemnisation.
Simuler et vérifier son allocation
Pour simuler votre allocation chômage, France Travail met à disposition un simulateur officiel en ligne. Il suffit d’y reporter vos derniers bulletins de salaire, en indiquant précisément les montants bruts, les primes et la durée des contrats. Le simulateur applique alors les formules officielles et produit une estimation proche de la notification réelle, à quelques dizaines d’euros près.
Le simulateur n’est pas un oracle. Il ne connaît pas les particularités de votre parcours : périodes d’activité partielle, contrats multiples, rupture conventionnelle avec indemnité supra-légale, périodes à l’étranger. C’est pourquoi l’écart avec la notification définitive peut atteindre 3 à 5 %.
Contester un montant : la procédure de recours
Si votre allocation vous paraît trop basse, la première étape est une demande de réexamen auprès de votre conseiller France Travail. Vous devez fournir les pièces qui justifient votre désaccord : bulletins de salaire, attestation employeur, relevé de situation. France Travail doit répondre dans un délai d’un mois. En l’absence de réponse satisfaisante, vous pouvez saisir le médiateur de France Travail, puis le tribunal administratif en dernier recours.
- Vérifier le montant du SJR retenu
- Contrôler le nombre de jours travaillés et non travaillés
- Confirmer que toutes les primes ont été intégrées à l’assiette
- Vérifier le taux de prélèvement à la source appliqué
- Contrôler la date de point de départ de l’indemnisation
Une dernière porte d’entrée mérite d’être évoquée : la formation pendant l’ARE. Suivre une formation agréée permet de prolonger l’indemnisation dans certaines conditions, et l’allocation continue à être versée pendant la durée de la formation. C’est un dispositif précieux pour ceux qui veulent se reconvertir pendant une période de chômage — mais il obéit à des règles strictes de validation préalable.
Questions fréquentes
Avec un salaire de 1 500 € net, combien touche-t-on au chômage en 2026 ?
Comptez autour de 1 089 € net par mois, soit 1 144,41 € brut, sur la base d’un SJR estimé à 38,15 € par jour. Le montant définitif est fixé par France Travail après examen de vos 24 derniers mois d’activité.
Est-ce 1 500 € brut ou 1 500 € net qui sert de base au calcul du chômage ?
Seul le brut entre dans le calcul. Un salaire de 1 500 € brut génère environ 959,10 € net d’ARE, contre environ 1 088,63 € pour 1 500 € net. La confusion entre les deux fait perdre près de 130 € par mois sur l’allocation.
Le montant du chômage change-t-il selon la durée de mon contrat ?
Oui. Le SJR dépend du nombre de jours calendaires de la période de référence, jours non travaillés compris. Un CDD de six mois produit donc un SJR plus faible qu’un emploi continu de deux ans au même salaire. L’écart mensuel peut dépasser 40 €.
L’allocation chômage est-elle imposable ?
Oui, l’ARE est soumise à l’impôt sur le revenu et au prélèvement à la source. Il faut retirer ce prélèvement du montant net pour connaître la somme réellement versée sur votre compte bancaire chaque mois.
Combien de temps peut-on toucher le chômage après un emploi à 1 500 € net ?
La durée dépend du nombre de jours travaillés sur les 24 derniers mois. Plus la période d’emploi est longue, plus la durée d’indemnisation s’allonge, dans la limite du plafond réglementaire, avec possibilité de rechargement des droits après un nouveau contrat.
Peut-on cumuler son allocation chômage avec un nouveau salaire ?
Oui, en cas de reprise d’emploi à temps partiel ou de mission courte. Une partie de l’allocation est alors maintenue, calculée après déduction de 70 % du nouveau salaire brut. La déclaration mensuelle à France Travail reste obligatoire.
Pourquoi le montant annoncé par mon simulateur diffère-t-il de celui versé ?
Le simulateur applique un SJR théorique, alors que France Travail retient les salaires réellement déclarés par l’employeur, primes incluses et jours non travaillés déduits. Un écart de quelques dizaines d’euros est fréquent et peut faire l’objet d’une demande de réexamen.
Ce qu’il faut retenir du calcul de votre allocation chômage
Nous avons parcouru tout le chemin : du brut de référence aux cotisations, du SJR aux formules concurrentes, du plancher au plafond. Voici les repères essentiels à garder en tête.
- Le montant du chômage pour un salaire de 1 500 € net s’établit autour de 1 089 € net mensuels en 2026, contre environ 959 € pour 1 500 € brut — la confusion brut/net coûte cher.
- Le calcul repose sur le SJR, auquel on applique la formule la plus favorable entre 57 % du SJR et 40,4 % du SJR + 13,18 €, dans la limite de 70 % du SJR.
- La durée du contrat et les jours non travaillés pèsent autant que le salaire sur le montant final de l’allocation.
- Le montant net perçu dépend ensuite des cotisations, de la CSG-CRDS et du prélèvement à la source, l’ARE étant imposable.
Allons plus loin : lancez dès maintenant votre simulation officielle sur France Travail et comparez le résultat avec les repères ci-dessus. Avez-vous bien vérifié que votre salaire de référence était exprimé en brut ? C’est la question qui change tout, et celle qui vous évitera les mauvaises surprises au moment de la notification.

Lucy Chen est ingénieure pédagogique et analyste des technologies de formation. Elle décrypte l’IA, le e-learning et les mutations du digital pour les professionnels qui veulent comprendre avant d’agir. Pas de tendances creuses — que du concret.
